Depuis une dizaine d'années, la qualité de la gestion des investissements publics est devenue un enjeu majeur pour de nombreux pays. Face à des besoins croissants en infrastructures et à des ressources budgétaires souvent limitées, les gouvernements sont confrontés à une question simple mais essentielle : comment investir mieux plutôt que simplement investir davantage ?
Depuis une dizaine d'années, la qualité de la gestion des investissements publics est devenue un enjeu majeur pour de nombreux pays. Face à des besoins croissants en infrastructures et à des ressources budgétaires souvent limitées, les gouvernements sont confrontés à une question simple mais essentielle : comment investir mieux plutôt que simplement investir davantage ?
C'est précisément pour répondre à cette question que le Fonds monétaire international (FMI) a développé le Public Investment Management Assessment (PIMA), un cadre d'analyse destiné à évaluer la qualité des systèmes nationaux de gestion des investissements publics.
Souvent perçu comme un simple outil d'évaluation, le PIMA constitue en réalité bien davantage. Il offre une véritable feuille de route permettant aux États d'améliorer progressivement la qualité de leurs décisions d'investissement.
Pourquoi le PIMA a-t-il été créé ?
Dans de nombreux pays, les difficultés rencontrées par les projets d'investissement ne proviennent pas uniquement d'un manque de financement. Des projets sont parfois sélectionnés sans réelle justification économique, les études de préparation sont incomplètes, les coûts sont sous-estimés, les calendriers sont irréalistes et les infrastructures réalisées ne produisent pas toujours les bénéfices attendus. Ces difficultés ont un point commun : elles traduisent des faiblesses dans la gouvernance de l'investissement public.
Le PIMA a été conçu pour identifier ces faiblesses et aider les gouvernements à renforcer progressivement l'ensemble du cycle de gestion des investissements publics.
Une approche couvrant l'ensemble du cycle de vie des projets
L'une des principales forces du PIMA est d'adopter une vision globale. Il ne s'intéresse pas uniquement à la préparation des projets ou à leur exécution. Il examine l'ensemble des institutions, des procédures et des pratiques qui influencent la qualité des investissements publics. Le cadre couvre notamment :
- la planification stratégique ;
- la coordination entre les acteurs ;
- la sélection des projets ;
- la préparation des études ;
- l'évaluation ex ante ;
- la programmation budgétaire ;
- la mise en œuvre ;
- le suivi des investissements ;
- la gestion des actifs publics.
Cette approche permet d'identifier les maillons faibles du système et d'éviter qu'une amélioration ponctuelle soit compromise par d'autres dysfonctionnements.
Ce que le PIMA nous enseigne
Au-delà de la méthodologie d'évaluation, plusieurs enseignements apparaissent de manière récurrente dans les différents pays ayant bénéficié d'une évaluation PIMA.
La qualité des investissements dépend davantage des institutions que des financements
L'augmentation des budgets d'investissement ne garantit pas une amélioration des résultats. Les pays obtenant les meilleures performances sont généralement ceux qui disposent de procédures claires, de responsabilités bien définies et de critères transparents de sélection des projets. La gouvernance est souvent un facteur plus déterminant que le niveau des ressources disponibles.
Les meilleures économies sont réalisées avant le lancement des travaux
Le PIMA montre qu'une préparation insuffisante constitue l'une des principales causes des dépassements de coûts, des retards et des modifications de projets. Une bonne identification, des études de qualité et une évaluation rigoureuse permettent d'éviter de nombreuses difficultés ultérieures.
Chaque euro investi dans une meilleure préparation peut générer des économies importantes pendant l'exécution.
Tous les projets ne méritent pas le même niveau d'analyse
Le principe de proportionnalité est au cœur des bonnes pratiques internationales.
Il n'est ni réaliste ni souhaitable d'imposer les mêmes exigences à un petit projet communal qu'à une infrastructure nationale de plusieurs centaines de millions d'euros.
Les ressources analytiques doivent être concentrées sur les projets présentant les enjeux les plus importants.
Les décisions doivent être prises progressivement
Le PIMA encourage une approche fondée sur des étapes successives de validation. Avant d'engager des ressources importantes, les décideurs doivent progressivement réduire les incertitudes :
- le problème est-il correctement identifié ?
- plusieurs solutions ont-elles été étudiées ?
- le projet est-il suffisamment mature ?
- les coûts sont-ils crédibles ?
- les charges futures sont-elles soutenables ?
Cette logique permet d'améliorer la qualité des décisions publiques tout au long du cycle de vie des projets.
Les investissements ne s'arrêtent pas à l'inauguration
Construire une infrastructure constitue seulement le début de son histoire. Le PIMA insiste sur l'importance de prévoir dès l'origine :
- les coûts de fonctionnement ;
- les besoins de maintenance ;
- le renouvellement des équipements ;
- la gestion des actifs.
Un investissement qui ne peut être entretenu durablement perd rapidement sa valeur.
Le PIMA comme source d'inspiration plutôt que comme modèle à reproduire
Chaque pays possède ses propres institutions, son organisation administrative et ses contraintes budgétaires.
L'objectif ne doit donc pas être de reproduire mécaniquement les recommandations issues d'une évaluation PIMA.
Il s'agit plutôt d'en retenir les principes fondamentaux :
- préparer les projets avant de les financer ;
- sélectionner les investissements selon des critères transparents ;
- adapter le niveau d'analyse aux enjeux ;
- assurer la cohérence entre planification, budget et investissement ;
- suivre les projets tout au long de leur cycle de vie ;
- tirer les enseignements des investissements réalisés.
Ces principes constituent aujourd'hui des références largement reconnues en matière de gouvernance des investissements publics.Dans de nombreux cas, quelques outils simples, des responsabilités clairement définies et des procédures harmonisées permettent déjà d'obtenir des résultats significatifs.
L'approche de KAMON Développement
Chez KAMON Développement, nous disposons de l'expérience pour réaliser des évaluations PIMA, former les cadres de l'administration à la méthodologie PIMA, préparer les administrations partenaires à recevoir ou piloter une évaluation PIMA, et mettre en oeuvre la feuille de route qui découle d'une évaluation PIMA.
Nous aidons à traduire les bonnes pratiques internationales en méthodes efficaces et opérationnels, directement utilisables par les acteurs clés de la gestion de l'investissement public (Ministère en charge des finances, du plan, Porteurs de projets, etc).
Cette approche se traduit par le développement de référentiels opérationnels, de guides méthodologiques, d'outils Excel légers, de dispositifs de formation et de solutions numériques permettant d'accompagner l'ensemble du cycle de gestion des investissements publics.
Nous sommes convaincus qu'une réforme réussie ne repose pas uniquement sur de nouvelles procédures. Elle repose avant tout sur la capacité des administrations à prendre de meilleures décisions, au bon moment, avec les bonnes informations.
C'est précisément cette ambition qui guide l'ensemble de nos travaux en matière de gestion de l'investissement public.