L'identification des projets : l'étape la plus déterminante du cycle de l'investissement public

🔍Retour d'expérienceKoceila AMER, Mathieu TAUSSIG

Dans de nombreuses administrations, l'identification d'un projet consiste encore à formaliser une idée : construire une route, agrandir un hôpital, réhabiliter une école ou acquérir de nouveaux équipements. Or, un projet d'investissement ne devrait jamais commencer par une solution. Il devrait toujours commencer par une question simple : Quel problème public cherchons-nous réellement à résoudre ?

Chaque année, des milliards de dollars sont investis dans des infrastructures publiques à travers le monde. Routes, hôpitaux, écoles, réseaux d'eau, équipements agricoles… Ces investissements façonnent durablement le développement économique et social des pays.

Pourtant, une part importante des projets n'atteint pas les résultats attendus. Les analyses menées par les institutions internationales montrent que les difficultés rencontrées lors de l'exécution trouvent rarement leur origine dans les travaux eux-mêmes. Elles apparaissent bien en amont, dès les premières étapes de préparation. Le problème n'est généralement pas que le projet ait été mal exécuté. Le problème est souvent qu'il n'a pas été correctement identifié.

L'identification : bien plus qu'une simple idée de projet

Dans de nombreuses administrations, l'identification d'un projet consiste encore à formaliser une idée : construire une route, agrandir un hôpital, réhabiliter une école ou acquérir de nouveaux équipements. Or, un projet d'investissement ne devrait jamais commencer par une solution.

Il devrait toujours commencer par une question simple :

Quel problème public cherchons-nous réellement à résoudre ?

Cette différence est fondamentale. Construire un nouvel hôpital n'est pas un objectif. L'objectif est d'améliorer l'accès aux soins. Construire une route n'est pas une finalité. La finalité est de réduire les coûts de transport, d'améliorer l'accès aux marchés ou de désenclaver un territoire.

Lorsque cette logique est inversée, le risque est de développer des infrastructures coûteuses qui répondent imparfaitement aux besoins réels de la population.

L'identification constitue donc la première étape de réduction de l'incertitude. Elle permet de s'assurer que l'investissement envisagé répond effectivement à un problème public clairement démontré.

Une bonne identification améliore toutes les étapes suivantes

Un projet correctement identifié facilite ensuite l'ensemble du cycle de gestion :

  • les études de faisabilité sont plus ciblées ;
  • les coûts sont mieux estimés ;
  • les risques sont identifiés plus tôt ;
  • les arbitrages budgétaires sont plus objectifs ;
  • la mise en œuvre rencontre moins d'aléas ;
  • les résultats obtenus sont plus proches des objectifs initiaux.

À l'inverse, une identification insuffisante conduit souvent à des modifications importantes pendant les études ou les travaux, à des dépassements de coûts et à des retards qui auraient pu être évités.

L'identification ne constitue donc pas une formalité administrative. Elle représente un véritable investissement dans la qualité future du projet.

Les principales questions auxquelles l'identification doit répondre

Une démarche rigoureuse d'identification consiste à répondre progressivement à une série de questions essentielles :

  • Quel est le problème public ?
  • Comment démontrer que ce problème existe réellement ?
  • Quelles en sont les causes profondes ?
  • Qui est concerné ?
  • Où le problème se situe-t-il ?
  • Pourquoi l'État doit-il intervenir ?
  • Un investissement constitue-t-il réellement la meilleure réponse ?
  • Ce besoin est-il cohérent avec les priorités nationales ?

Cette progression est essentielle.

Elle permet de passer progressivement d'un problème observé à un besoin public, puis d'un besoin public à un projet d'investissement.

L'identification ne nécessite pas nécessairement des études longues ou coûteuses.

Dans de nombreux contextes, quelques outils méthodologiques simples permettent déjà d'améliorer considérablement la qualité de l'analyse.

Parmi les outils les plus utiles figurent notamment :

    • L'arbre à problèmes, qui permet d'identifier les causes profondes d'une situation et d'éviter de traiter uniquement les symptômes.
    • L'arbre des objectifs, qui transforme les problèmes identifiés en résultats attendus.
    • La théorie du changement, qui explicite la logique reliant les activités du projet aux effets recherchés.
    • Le cadre logique, qui formalise les objectifs, les indicateurs, les hypothèses et les résultats attendus.
    • L'analyse des parties prenantes, qui identifie les acteurs concernés, leurs attentes, leurs responsabilités et les éventuels risques de blocage.
    • L'analyse spatiale, qui permet de comprendre la répartition territoriale des besoins et d'orienter les investissements vers les zones prioritaires.
    • L'analyse des options, qui compare plusieurs solutions possibles avant de retenir une option d'investissement.
    • La note conceptuelle, qui synthétise les principaux résultats de l'identification et constitue la base des décisions relatives à la poursuite de la préparation du projet.

Ces outils ont un objectif commun : améliorer la qualité de la décision publique avant d'engager des ressources financières importantes.

Une étape clé pour renforcer l'efficacité de la dépense publique

Dans un contexte où les ressources budgétaires demeurent limitées, chaque investissement doit produire le maximum de valeur publique.

Une identification rigoureuse contribue directement à cet objectif en permettant :

  • de concentrer les ressources sur les véritables priorités ;
  • de limiter les risques de projets inadaptés ;
  • de réduire les modifications en cours de préparation ou d'exécution ;
  • d'améliorer la transparence des décisions d'investissement ;
  • de renforcer la crédibilité des projets auprès des partenaires techniques et financiers.

L'identification constitue ainsi le premier levier d'amélioration de la gestion des investissements publics.

L'approche de KAMON Développement

Chez KAMON Développement, nous considérons que la qualité d'un projet dépend d'abord de la qualité des questions posées avant même de réfléchir aux solutions.

Notre approche consiste à accompagner les administrations dans la structuration progressive de leurs projets à travers des méthodes simples, adaptées aux capacités des institutions et inspirées des meilleures pratiques internationales, notamment celles promues par les cadres d'évaluation de la gestion des investissements publics.

Nous développons des référentiels opérationnels, des guides méthodologiques, des outils Excel légers, des modèles de documents, des dispositifs de formation et des plateformes numériques permettant d'accompagner les porteurs de projets tout au long du cycle de vie des investissements.

Notre conviction est simple : un bon investissement ne commence jamais par une infrastructure. Il commence par une compréhension rigoureuse d'un problème public.

C'est en améliorant la qualité de cette première étape que les États peuvent durablement renforcer l'efficacité de leurs investissements, optimiser l'utilisation de ressources publiques souvent limitées et maximiser la valeur créée pour les citoyens.

 

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